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La Grandeur historique de Boukhara en Ouzbékistan

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Créée sur la route de la soie, Boukhara mérite d’être mentionnée comme l’une des villes les plus célèbres de l’Ouzbékistan. Le nom de Boukhara, connu dans le dialecte local sous le nom de Buxoro, est considéré comme un dérivé du sanskrit, signe d’un ancien monastère lié à l’histoire religieuse de la ville. Auparavant, le peuple sogdien la considérait comme un sanctuaire béni, tandis que d’autres la considéraient comme un phare de l’étude de l’islam. Imprégnée du flux et du reflux des conquérants et des érudits, cette ville recèle un éventail de magnifiques architectures et de vestiges culturels qui reflètent parfaitement l’histoire de la ville.

La mosquée de Bolo Khauz : Une oasis en miroir

La mosquée Bolo Khauz, adjacente à l’Arche, est caractérisée par son bassin réfléchissant, une relique plus ancienne que la structure du XVIIIe siècle elle-même. Lors des prières, les émirs se rendaient de l’Arche au site, soulignant ainsi l’importance de la mosquée. La version estivale de la mosquée, ornée de vingt piliers en bois, a été érigée plus tard, au début de XXe siècle, et le passage de leur reflet dans l’eau est considéré comme fortuit en raison de la nature sacrée du nombre quarante dans la tradition islamique.

La Citadelle : une manifestation de puissance

L’Arche de Boukhara est un formidable symbole d’autorité datant du Ve siècle. Grâce à des constructions successives sur les ruines d’édifices plus anciens, l’Arche est devenue une véritable forteresse au sommet d’une montagne. De ses portes à la terrasse qui servait autrefois aux rois à observer la ville en contrebas, l’Arche témoigne d’innombrables moments historiques, y compris une grande bibliothèque abritant des ouvrages savants internationaux et abritant les études du célèbre polymathe Avicenne.

Le mausolée samanide : une pierre angulaire de la culture

Le mausolée samanide, testament de la vénération de la ville envers l’éducation et les arts, est un gardien de la culture depuis le 10e siècle. Lieu de repos d’Ismail Samani, ce bâtiment distinctif retrace les anciens temples zoroastriens et présente une fusion élaborée de motifs régionaux et islamiques. La maçonnerie de briques est chargée de géométrie symbolique : par exemple, les carrés représentent la terre et la vie, les cercles symbolisent l’éternité et le céleste, et les octogones signifient l’union des deux. La survie du mausolée, dissimulé sous des couches de terre jusqu’aux années 1930, est entourée de mystère. Aujourd’hui, les visiteurs suivent la tradition qui impose un triple tour autour de la structure dans l’espoir de concrétiser leurs aspirations.

L’émir final et son domaine palatial

La périphérie de Boukhara est le théâtre du palais Sitorai Mokhi-Khosa, une structure relativement moderne née à l’aube du XXe siècle. Influencé par l’élégance impériale russe, ce palais, préféré à l’Arche par le dernier émir, harmonise les styles artistiques chinois, russe et européen, et présente le harem de l’émir et d’autres quartiers luxueux.

Le Chor Minor : L’héritage d’un marchand

La tour quadruple de Chor Minor, qui émerge distinctement du vernaculaire architectural d’Asie centrale, a été construite il y a plus de deux siècles au sein d’une mosquée et d’un complexe de madrassas. Symbolisant les filles d’un marchand ou représentant une collection de religions du monde, cette structure est une icône du patrimoine culturel de la région.

L’ensemble Lyabi Hauz : Un répit urbain

Le terme Lyabi Hauz, qui signifie « près de l’étang », remonte à une période cruciale pour l’approvisionnement en eau de la ville. Oasis située à la lisière du désert de Kyzylkum, Boukhara s’approvisionnait en eau par le biais de canaux, qui nécessitaient l’utilisation de hauz pour la distribution de l’eau. Bien que de nombreux étangs aient été remplacés par des infrastructures modernes, quelques-uns témoignent encore de la gestion historique de l’eau dans la ville. Autour de Lyabi Hauz, les structures importantes incluent la madrassa Kukaldash du XVIe siècle, la khanqah Nadir Divan-Begi – un refuge pour les pèlerins, et un caravansérail reconverti en madrassa, embelli par des images d’oiseaux légendaires, avec en façade une statue du héros folklorique Hodja Nasreddin.

L’héritage universitaire de Boukhara

À son apogée, Boukhara abritait plus de 150 madrassas, qui permettaient aux érudits d’entreprendre des études approfondies dans toute une série de disciplines. La madrassa Miri-Arab, qui fait partie de l’ensemble Po-i-Kalyan et qui comporte deux dômes bleus, est également le lieu de commémoration d’un ancien émir et de son guide spirituel. Aujourd’hui, les madrassas continuent d’éduquer, bien qu’avec des programmes remaniés, garantissant le rôle intemporel de la ville en tant que centre éducatif.

L’édifice Po-i-Kalyan : un phare iconique

Lors d’une visite de l’Ouzbékistan, le resplendissant complexe de Po-i-Kalyan, couronné par le plus haut minaret du pays (48 mètres), symbolise le zénith de l’ambition architecturale de Boukhara. Construit par la dynastie des Karakhanides, ses ornements en terre cuite constituent un motif rayé unique dans la région. Bien que son véritable but reste discuté, il a probablement servi de guide pour les caravanes, de tour de guet et de prison. Selon un conte surprenant, Gengis Khan aurait été tellement impressionné par l’ampleur du minaret en reconnaissant sa majesté – un récit qui contribue à l’attrait durable de la tour.

L’évolution de Boukhara à travers l’histoire

L’histoire de la ville de Boukhara est ponctuée d’épisodes de destruction et de résurrection, après avoir été le centre de l’empire samanide au cours du IXe siècle, la capitale de divers khanats et émirats, et enfin, une partie de la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan sous la juridiction soviétique. Chaque période de transformation se traduit par des structures médiévales remarquables qui confèrent à la ville la reconnaissance de l’UNESCO. L’ensemble des repères historiques renforce le sentiment de continuité et de grandeur de la ville, au-delà des monuments individuels.

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